SELFRIDGE FIELD (OPERATION TRAINING UNIT (O.T.U) ) - Michigan.

Située dans le Michigan près de Detroit, aux bords du lac Saint Clair , la base porte le nom du Lieutenant Thomas Etholen SELFRIDGE, première victime militaire d'un vol "propulsé " (le 17 septembre 1908 lors d'un vol avec Orville WRIGHT).

Après la fermeture d'OSCODA, les Français sont transférés à Selfridge Field (Michigan) qui est organisé en O.T.U (Opération Training Unit) depuis 1944.Ce centre de formation a pour objectif de recréer la vie en équipage avant le retour définitif sur le théâtre des opérations. Mécaniciens, radios, navigateurs, pilotes de bombardiers ou de chasse coexistent sur cette base qui sera la dernière en fonction dans le cadre des CFPNA.

Pour les pilotes de P-47, le stage dure 10 semaines pendant lesquelles ils effectueront 90 heures de vol. A l'issue de ce stage ,leur entraînement sera considéré comme terminé. Fin prêts pour le combat ils rejoindront le centre de rassemblement de Mitchell Field avant leur retour en opérations.

A leur sortie de Frédérick, les pilotes de B-26 iront faire équipage avec les bombardiers, radios, mitrailleurs et mécaniciens venus des autres écoles. Les équipages seront constitués dès l'arrivée des élèves, soit par affinités, soit en tenant compte des qualités professionnelles de chacun. En 13 semaines, l'équipage, indissoluble une fois constitué, effectuera 220 heures de vol sur B-26. Véritable vie d'escadrille ce sera surtout, comme pour leurs camarades de la chasse, de l'entraînement tactique qu'ils feront. Habitués au travail d'équipe, les équipages de B-26 seront, à la fin du stage eux aussi dirigés vers Mitchell Field pour leur retour en France.

Elle accueillera le 27 Août 1945 la visite du Général de Gaulle, marquant ainsi l'attachement de la France au programme de formation réalisé aux Etats-Unis et la qualité de la formation des personnels. 

  CFPNA: Selfridge Field - Main Entrance - Coll° EdGMPC. CFPNA: Selfridge Field - Baraquements - Coll° GMPC. CFPNA: Selfridge Field - Main Drive - Coll° GMPC.

Selfridge Field: Main Entrance, Baraquements et "Main Drive".

CFPNA: Selfridge Field -Equipage B-26 - Coll° AFHRA. CFPNA: Selfridge Field - Formation P-47 - Coll° AFHRA.  

La touche finale à la formation des équipages sur B-26 Marauder et des escadrilles sur P-47 Thunderbolt. 

  CFPNA: Selfridge Field - 29.06.1945 - Coll° A Graziani.

Selfridge Field - 29.06.1945 - Fin d'entraînement. LesFrancais autour du Capitaine Moïse Bouyer.

 MISSION à SELFRIDGE Field - Courrier de l'Air 06.1945 (extraits).

On se disait bien que ça ne pouvait pas continuer comme ça. Cette série de fronts chauds, tenaces et pluvieux que nous avions trainés avec nous de Louisiane en Michigan, commençait à rouiller sérieusement le moral de la section B-26. Depuis 15 jours nous allions à la ligne de vol pour entendre le chef de flight nous dire d'un air que nous finissions par considérer comme inévitable que le temps était mauvais et qu'il n'y avait pas d'autre alternative que d'attendre un "break-up" qui ne saurait manquer de se produire dans une heure ou deux. . . .

C'était d'autant plus angoissant qu'il ne nous restait plus qu'à terminer notre stage par la traditionnelle grande formation, celle sans laquelle une classe de R.T.U. ne se considérerait pas digne de se dire GRADUEE, celle aussi qui simule aussi exactement que possible une vraie mission de combat.

Enfin ce matin le temps est radieux. Briefing normal. Conseils aux pilotes, consignes de décollage et d'atterrissage, éternelle et sacro-sainte procédure.... Pendant ce temps les bombardiers, qui seront d'ailleurs surtout navigateurs, se débatent avec leurs cartes et les innombrables calculateurs et tables sans lesquelles, parait-il, un avion ne saurait voler.

Au briefing, l'horaire a été precisé jusque dans ses moindres détails: A 1' avion à 0800; moteur en route à 0830; décollage à 30 secondes d'intervalle à partir de 0845. Tout se passe bien; un avion dont un moteur "foire" au sol, retourne à la ligne et nous rattrapera en route. La formation monte lentement en tournant autour du terrain et à 0900, les crayons de tous les navigateurs commencent l'indispensable log qui sera le compte-rendu écrit de la mission. La mission se fait d'ailleurs aussi normalement que nous pouvions le souhaiter; la seule chose qui change, c'est de se trouver tout-à-coup côte à côte avec un douzaine d'autres B-26. De ma place, dans le nez en "plexi" du leader de la deuxième escadrille, j'ai une vue splendide sur le paysage qui se déroule doucement 10.000 pieds au dessous, et sur les autres tapins qui maintiennent décidément une formation digne de ce nom.

Un hurlement sur l'interphone, c'est l'armurier qui de sa tourelle supérieure nous prévient que des chasseurs nous attaquent. Nous étions d'ailleurs prévenus. Ce sont les P-47 de chez nous qui s'amusent à faire des passes. Evidemment les assaillants sont pris dans un enfer de feu, à grand coups de camera. . . . Cest peut -être pour ça qu'ils s'approchent si près. . . . La formation continue, et bientôt nous apercevons les petites iles de la baie de Saginaw qui marquent pour moi la fin momentanée de la navigation; pour un quart d'heure, me voici bombardier.

Evidemment nous allons faire de notre mieux pour que ces satanées bombes qui semblent de temps en temps prendre un malin plaisir à tomber un peu partout, n'aillent pas trop loin. Cest 1'honneur des bombardiers qui est en jeu et aux yeux de tous les équipages.... Une main sur le levier des soutes à bombes, une rapide vérification du viseur et de tous ces switches qui s'oublient si facilement, et nous ne regardons plus que le leader. Il ouvre ses soutes, et nous ouvrons les notres au même instant. La visée se fait, et brusquement, de tous les B-26, dégringole un chapelet de bombes que nous suivons d'un oeil anxieux. Pas trop mal, plus des 3/4 des impacts sont bons. Les soutes refermées la formation vire et la routine de la navigation à vue reprend, nous emmenant à travers tout le Michigan pour faire apprécier à ceux de dessous la façon impeccable dont les bombardiers de Selfridge savent tenir un formation, si grande soit elle.

On rentre, et c'est la procédure normale, pourtant si compliquée, mais qui permet à la formation d'atterrir un avion toutes les 30 secondes.

Au sol, l'avion parqué, 1e matériel récupéré, on se rend à la Ready-room où "L'officier d'intelligence" nous pose un tas de questions indiscrètes pour voir simplement si nous avons ouvert les yeux et si nous avons pu éviter de nous endormir. Cet interrogatoire, suivi d'un petit speech du chef de flight, termine la matinée. Nous avons eu de la chance: on annonce un front chaud pour demain.

par le S/Lt MATHIOT.

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